mercredi 1 septembre 2010

Ex-Yougoslavie : La violence des tribunes entrave la fondation d’une ligue régionale de football…


Un sujet presque vieux de dix ans dans les milieux du football des Balkans vient de refaire surface avec l’idée de la constitution d'une ligue régionale de football en ex-Yougoslavie qui a obtenu le soutien des Présidents de la Serbie et de la Croatie, Boris Tadic et Ivo Josipovic…



En dépit de cette approbation essentielle provenant des milieux politiques, ce projet doit encore être soutenu par la plupart des parties impliquées et tout d’abord les clubs Serbes et Croates qui pourraient se joindre à cette ligue régionale, ainsi que les fédérations respectives.

Un facteur qui pourrait être un argument en faveur de la formation de cette Ligue pourrait être un intérêt sportif accru par une compétition unique avec pour corollaire une meilleure compétitivité lors des campagnes européennes que tous les clubs serbes et croates ont joué sous les couleurs de l'ancienne Yougoslavie. Les coefficients UEFA peu enviables qu'ils détiennent et le peu de moyens financiers bloquent les clubs dans un cercle vicieux et les vouent à une tâche impossible qui consisterait à rejoindre l'élite du football européen; bien que le Partizan ait réussi pour la première fois à se qualifier pour la phase de poules de la Ligue des Champions cette saison…

Depuis l’éclatement de la Yougoslavie, les ligues nationales Serbes et Croates sont exsangues de moyens financiers, faute de sponsors viables et les supporters locaux ont pour partie déserté les stades où les meilleures affluences ne concernent plus que les derbies historiques tels que Etoile Rouge – Partizan ou Dinamo Zagreb – Hajduk Split…

Certains facteurs pourtant semblent préjudiciables à tout rapprochement et pourraient s’avérer rédhibitoires à un projet de ligue régionale comme la sécurité des équipes dans une région qui n’a pas encore effacé les stigmates de la guerre et où les tensions éthiques perdurent. Il faudrait aussi  trouver des créneaux horaires libres dans le calendrier de la saison, obtenir des licences UEFA et déterminer à cette compétition un véritable intérêt et enjeu sportif et financier.

La ligue régionale envisagée pourrait d’ailleurs ne pas seulement impliquer les clubs de l'ex-Yougoslavie, mais aussi ceux qui manifesteraient un intérêt pour une telle initiative comme l’ont déjà fait des clubs Hongrois, Bulgares, Roumains et Slovaques. Il y a donc une volonté actuelle, mais toute la question est encore de passer de la phase théorique à la phase pratique, un objectif encore lointain…

Zdravko Mamic, le Président du Dinamo Zagreb a d’ailleurs déclaré qu'il "ne voulait pas se lancer dans des déclarations hâtives" et qu'il "préférait attendre qu’un véritable processus de création de cette ligue se mette en route". Mamic a pourtant été à plusieurs reprises, l’initiateur d’une création de ligue régionale ce qui lui a valu quelques critiques, étiqueté notamment comme un "Yougo-nostalgique". Son discours est cependant resté invariable sur une telle nécessité sportive et financière argumentant qu’il s’agissait de "la seule voie de salut du football en ex-Yougoslavie. Un jour nous serons tous dans l'Union européenne, dans le même Etat et, au lieu de négocier pour obtenir un accord sur ce point, et d’aller de l'avant avec une proposition à venir de l'UEFA qui nous accorderait des places en  Ligue des champions et Europa Ligue, les gens d'ici s’attachent à des détails insignifiants"…

Zoran Lakovic, le secrétaire général de la Fédération serbe s'est également prononcé sur la question à plusieurs reprises, mais chaque fois a exprimé son doute sur l'idée qu’une ligue régionale puisse se matérialiser bientôt. "Cette question est discutée officieusement, mais aucun projet concret n’a été mis en place. Il existe de nombreux obstacles pour la réalisation d’un tel projet notamment des garanties de sécurité"

De fait la violence des groupes ultras serbes et croates pourraient selon les tenants d’une ligue régionale constituer un frein à une telle constitution, non seulement en interne avec des risques de violences inter ethniques accrus mais aussi au niveau de l’UEFA peu enclin à soutenir et valider une compétition susceptible de créer ou d’encourager une résurgence des affrontements entre les ultras les plus radicaux des clubs serbes et croates (Grobari, Delije, BBB & Torcida notamment)…