Un
sujet presque vieux de dix ans dans les milieux du football des Balkans vient
de refaire surface avec l’idée de la constitution d'une ligue régionale de
football en ex-Yougoslavie qui a obtenu le soutien des Présidents de la Serbie
et de la Croatie, Boris Tadic et Ivo Josipovic…
En dépit de cette approbation essentielle provenant des milieux politiques, ce projet doit encore être soutenu par la plupart des parties impliquées et tout d’abord les clubs Serbes et Croates qui pourraient se joindre à cette ligue régionale, ainsi que les fédérations respectives.
En dépit de cette approbation essentielle provenant des milieux politiques, ce projet doit encore être soutenu par la plupart des parties impliquées et tout d’abord les clubs Serbes et Croates qui pourraient se joindre à cette ligue régionale, ainsi que les fédérations respectives.
Un
facteur qui pourrait être un argument en faveur de la formation de cette Ligue
pourrait être un intérêt sportif accru par une compétition unique avec pour
corollaire une meilleure compétitivité lors des campagnes européennes que tous
les clubs serbes et croates ont joué sous les couleurs de l'ancienne
Yougoslavie. Les coefficients UEFA peu enviables qu'ils détiennent et le peu de
moyens financiers bloquent les clubs dans un cercle vicieux et les vouent à une
tâche impossible qui consisterait à rejoindre l'élite du football européen; bien que le Partizan ait réussi pour la première fois à se qualifier pour la phase de poules de la Ligue des Champions cette saison…
Depuis
l’éclatement de la Yougoslavie, les ligues nationales Serbes et Croates sont
exsangues de moyens financiers, faute de sponsors viables et les supporters
locaux ont pour partie déserté les stades où les meilleures affluences ne
concernent plus que les derbies historiques tels que Etoile Rouge – Partizan ou
Dinamo Zagreb – Hajduk Split…
Certains
facteurs pourtant semblent préjudiciables à tout rapprochement et pourraient
s’avérer rédhibitoires à un projet de ligue régionale comme la sécurité des équipes
dans une région qui n’a pas encore effacé les stigmates de la guerre et où les
tensions éthiques perdurent. Il faudrait aussi trouver des créneaux horaires libres dans le calendrier de
la saison, obtenir des licences UEFA et déterminer à cette compétition un
véritable intérêt et enjeu sportif et financier.
La
ligue régionale envisagée pourrait d’ailleurs ne pas seulement impliquer les
clubs de l'ex-Yougoslavie, mais aussi ceux qui manifesteraient un intérêt pour
une telle initiative comme l’ont déjà fait des clubs Hongrois, Bulgares,
Roumains et Slovaques. Il y a donc une volonté actuelle, mais toute la question
est encore de passer de la phase théorique à la phase pratique, un objectif
encore lointain…
Zdravko
Mamic, le Président du Dinamo Zagreb a d’ailleurs déclaré qu'il "ne
voulait pas se lancer dans des déclarations hâtives" et qu'il
"préférait attendre qu’un véritable processus de création de cette ligue
se mette en route". Mamic a pourtant été à plusieurs reprises, l’initiateur
d’une création de ligue régionale ce qui lui a valu quelques critiques,
étiqueté notamment comme un "Yougo-nostalgique". Son discours est cependant
resté invariable sur une telle nécessité sportive et financière argumentant
qu’il s’agissait de "la seule voie de salut du football en
ex-Yougoslavie. Un jour nous serons tous dans l'Union européenne, dans le même
Etat et, au lieu de négocier pour obtenir un accord sur ce point, et d’aller de
l'avant avec une proposition à venir de l'UEFA qui nous accorderait des places
en Ligue des champions et Europa
Ligue, les gens d'ici s’attachent à des détails insignifiants"…
Zoran
Lakovic, le secrétaire général de la Fédération serbe s'est également prononcé
sur la question à plusieurs reprises, mais chaque fois a exprimé son doute sur
l'idée qu’une ligue régionale puisse se matérialiser bientôt. "Cette
question est discutée officieusement, mais aucun projet concret n’a été mis en
place. Il existe de nombreux obstacles pour la réalisation d’un tel projet
notamment des garanties de sécurité"…
De
fait la violence des groupes ultras serbes et croates pourraient selon les
tenants d’une ligue régionale constituer un frein à une telle constitution, non
seulement en interne avec des risques de violences inter ethniques accrus mais
aussi au niveau de l’UEFA peu enclin à soutenir et valider une compétition
susceptible de créer ou d’encourager une résurgence des affrontements entre les
ultras les plus radicaux des clubs serbes et croates (Grobari, Delije, BBB
& Torcida notamment)…