La Red Bull Arena (l’ancien Zentralstadion) de Leipzig
accueillera sans doute près de 15 000 personnes demain à 13h30 pour assister à
ce derby de la Regionalliga Nord entre le RasenBallsport Leipzig et le
Hallescher FC. Une opposition symbolique entre le "mercantilisme" et la "tradition"…
Un match qui encore une fois constituera un symbole entre le
football business et le mercantilisme qu’il génère et la tradition d’un club
implanté dans une culture populaire…
Car cette dernière rencontre des matchs aller en Regionalliga
Nord entre le RB Leipzig (1er) et le Chemie Halle (3ème) va bien au delà d’une
simple confrontation sportive, d’un simple derby (les deux villes sont
distantes de moins de 50kms) puisque le RB Leipzig est détenu par Red Bull qui
a fait le pari d’implanter artificiellement à coup de millions d’euros une
équipe en Bundesliga depuis que le PDG et fondateur de la boisson énergétique
Autrichienne, Dietrich Mateschitz, s’est mis en tête de créer sa propre équipe
à Leipzig, une ville qui possède un stade de 44 000 places, mais pas d’équipe
jouant plus haut que les divisions régionales...
Approchés, les deux clubs historiques de la ville, le Sachsen
(Leutzsch) et le Lokomotive (Leipzig) ont refusé, devant la colère de leurs
supporters qui refusaient de perdre leur âme et leur identité au profit du
milliardaire autrichien. Du coup, Mateschitz s’est rabattu sur un autre club de
5e division, beaucoup plus anonyme, à une dizaine de kilomètres de la plus
grande ville de Saxe, le SSV Markranstädt, immédiatement rebaptisé RB Leipzig.
Aujourd’hui, les deux clubs traditionnels de Leipzig ne sont
pas au mieux, le Lokomotive est en NOFV-Oberliga alors que le Sachsen miné par
des problèmes financiers a dû redémarrer en Landesliga après avoir dû avant, subir une
scission d’une partie de certains dirigeants et supporters partis créer le
Chemie Leipzig…
Le SSV Markranstädt a donc changé de nom, mais a en plus
déménagé vers le Zentralstadion qui répond désormais au doux nom de Red Bull
Arena. Après avoir bâti un club à son nom, investi et renommé le principal
stade de la ville, Red Bull a mis les moyens pour que les résultats suivent en
engageant une armada de mercenaires…
Face au RB Leipzig et ses moyens financiers, on trouvera demain
le Hallescher FC, qui comme de nombreux clubs de l’Ex Allemagne de l’Est a
connu au long de son histoire et au grès des évolutions politiques et des
séparations entre sections du club, plusieurs changements de noms (BSG Turbine
Halle (1953); SC Chemie Halle-Leuna (1957); SC Chemie Halle (1958); FC Chemie
Halle (1966)…). Vainqueur de deux Coupes de RDA (1956, 1962), le HFC (dernière
appellation de 1991) qui reste couramment appelé par ses supporters le "Chemie
Halle", a su de son côté conservé, sans doute au détriment des ambitions sportives, son âme
et ses traditions…
Demain, ses nombreux supporters et notamment les ultras de la
Fankurve (Saalefront, Coesa Per Sempre, Wulfpack, Ultras Red White…) seront
encore là pour le Chemie…
De l’autre côté, les dirigeants affichent la satisfaction du
meilleur taux d’affluence des trois Regionalliga avec une moyenne par match de
près de 8000 personnes, sans soute attirées par les lumières et le "strass" déployés par les dirigeants de Red Bull…